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De l’Everest à la lutte contre le cancer

Christine Janin, médecin et alpiniste de renom, est également la fondatrice de l’association À chacun son Everest !   Après plusieurs expéditions dans l'Himalaya, elle atteint le sommet de l'Everest en 1990. C'est la première française à réaliser cet exploit. Depuis, elle accompagne des femmes et des enfants atteints de cancer dans leursparcours vers la voie de guérison. Sa méthode est fondée sur une croyance profonde : une activité physique adaptée (couplée à une alimentation équilibrée) pouvant contribuer à la prévention et optimisation du processus de guérison. Par Myriam Cornu-Nave, journaliste, et Margot Graïa


Benoît Nave et Christine Janin lors d'un évènement
© Stef Balbo 

Myriam Cornu-Nave :

Christine, peux-tu nous rappeler en quelques mots ton parcours ? 


Docteur Christine Janin :

« Je dis toujours que la vie, c'est un chemin. Je n'ai absolument pas choisi. Rien de ce que j'ai fait. Mais j'ai suivi mon intuition, j'y suis allée. Je suis médecin et, à 24 ans, j'ai eu la chance... La médecine m’a tout permis.

Réaliser mon premier 8 000 mètres… C'était au Pakistan, le Gasherbrum II. Je n'avais pas fait le mont Blanc. J'étais en sixième année de médecine, autant dire que je ne savais pas grand-chose. Mais, dans la vie, il faut oser. C'est un peu mon message. Le pire, c'est quoi ? C'est que ça marche.  Je me suis retrouvée la première Française au sommet d'un 8 000 mètres. Et puis, j'ai ouvert une nouvelle voie. Je voulais continuer la médecine... Donc, je suis docteur en médecine, j'ai quand même ma thèse. Et puis après, j'ai toujours été médecin d'expédition. Autant dire que je n'ai pas beaucoup exercé (auprès de patients en cabinet, par exemple), mais voilà le médecin, c'est celui aussi qui réconforte, qui essaye de faire de la prévention et qui fait que, s'il y a un problème, il sera là pour aider. »


Myriam Cornu-Nave :

Cette aventure sur l’Everest, comment ça s’est passé concrètement ?


Dr Christine Janin :

« Je me suis retrouvée un jour... C'est Éric Escoffier qui me propose de l'accompagner à l'Everest. Il avait eu un grave accident, donc il voulait aller côté face Nord parce qu'on monte pratiquement en voiture, en 4x4, jusqu'au camp de base. Et surtout, on avait fait une préparation dans un caisson hypobare à Grenoble pour partir acclimatés, parce que lui, il ne pouvait pas se permettre… Il avait des séquelles, il ne pouvait pas se permettre de monter, descendre trop comme on fait d'habitude. Je suis montée jusqu'à 7 800 m, j'étais contente, j'avais vu l'Everest. Je n'avais jamais imaginé d'aller à son pied, ni encore moins au sommet. Et puis, l'année d'après, c'est Marc Batard qui me re-propose de partir comme médecin de l'expédition. Et je commençais à me dire qu'il fallait que je passe à autre chose. J'ai eu la chance qu'on me demande d'aller voir des enfants à l'hôpital pour leur raconter ce que j’avais vécu.

Après, je me suis dit : je vais faire les Seven Summits. Ce n'était pas du tout prévu... Et puis, on m'a demandé d'aller voir les enfants à chaque sommet, chaque départ d'expédition, chaque retour d'expédition de ces 7 sommets... Le plus haut sommet de chacun des continents. Voir des enfants à l'hôpital qui étaient suivis pour cancer. »


Myriam Cornu-Nave :

Comment as-tu fait le lien entre ces expériences et cette cause ? Et comment avais-tu envisagé de t’impliquer ?


Dr Christine Janin :

« Très vite, j'ai fait ce parallèle montagne/maladie. Et puis, à la fin de ce tour du monde, il y a un médecin qui me dit : « Tu ne veux pas continuer à aller voir les enfants ? Et surtout les emmener à la montagne ». J'ai commencé il y a 30 ans. Un premier séjour, j'ai emmené des enfants atteints de cancer avec encore de la chimio, etc. Venir marcher, venir descendre sur la Mer de Glace, faire un sommet de 800 mètres de dénivelé. J'étais un peu folle, j'osais un peu. Je prenais le pouls un peu toutes les cinq minutes. Non, mais j'avais vraiment confiance... Je dis toujours qu’on peut accompagner des gens, quand on sait les faire respirer, les faire prendre des pauses... C'est un coach en fait, c'est comment on emmène quelqu'un. On peut le casser aussi bien qu'on peut l'emmener. Ces enfants m'ont prouvé qu'ils étaient capables et surtout se sont prouvés qu'ils étaient capables. J'ai accompagné 4 900 enfants, ces 30 dernières années. Et puis, il y a 10 ans, 15 ans maintenant, j'ai accompagné, j'ai ouvert aux femmes atteintes de cancer du sein. Pour les aider tout simplement à réaliser qu'elles ont fait un Everest et surtout les aider à redescendre de cet Everest.





Myriam Cornu-Nave :

Intéressante cette notion de savoir « redescendre »… Comment la perçois-tu ?


Dr Christine Janin :

« C'est compliqué de re-descendre de cette image de l'Everest, d'avoir fait l'Everest. Les gens vous mettent à un certain niveau, vous êtes resté la même. Et quand vous avez eu un cancer, vous vous battez pour atteindre ce sommet que j'appelle guérison. Par contre, après, commence un autre chemin, c'est vivre avec. Et je les aide à redescendre libres de ce qu'ils ont vécu, fiers et légers. » •



Pour découvrir la suite et les conseils inspirants de Christine, en particulier pour les sportifs d’endurance :





Dans la lutte contre le cancer, les soins médicaux ne sont pas les seuls éléments déterminants. Une approche plus globale, prenant en compte la nutrition et l’activité physique, peut être déterminante. Le podcast Pas de salades ! Nutrition & Sport, animé par Benoît Nave, ostéopathe et nutritionniste depuis 30 ans, et Myriam Cornu-Nave, journaliste de formation et collaboratrice de Benoît depuis 10 ans, a reçu l’intervention du Dr Christine Janin, dans le cadre du Podcasthon. Lien d'écoute ci-dessus.




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